La tristesse et le cauchemard vous consumes...ainsi votre Daemon vous protègera..Hentai/Yuri/Yaoi NC-16ans

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 Amusons- nous ! ** [Terminé]

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MessageSujet: Amusons- nous ! ** [Terminé]   Dim 23 Nov - 18:10

Respirant difficilement, étouffée par ses pleurs, à genoux, Gabriel était désemparée. La peur de le perdre occupait tout son esprit, toute son âme. Elle était prise de légers soubresauts, l'aidant à reprendre sa respiration. Puis, avant qu'elle ne se rende compte de quoi que ce soit, Elio s'était retrouvé accroupi, en face d'elle, déroulant ses bras et les disposant autour des épaules de Gaby. Tout s'était bloqué, stop, arrêt sur image. Elle ne pensait plus à rien. Il était juste là, en face d'elle, son visage si parfait, rempli de sentiments, exprimant des émotions comme elle n'en avait jamais vues. Et pourtant, les larmes de Gabriel continuaient de couler, lentement puis rapidement, laissant entendre un reniflement parfois ou un soubresaut, un tremblement. Elle cherchait son regard, mais voulait à la fois l'éviter. De la curiosité mélangée à de la peur. La curiosité allait vaincre. Leurs regards se croisèrent, restèrent plantés l'un dans l'autre, laissant entrevoir leurs sentiments. Leur regard parlait pour eux. Et il laissait ses bras autour des épaules de sa daemon. L'atmosphère était mi pesante mi détendue. Gaby ne savait pas si elle devait être soulagée ou bien si tout cela était juste un 'adieu'. Elle doutait. Mais elle se laissait faire, si c'étaient ses derniers instants avec lui, alors autant en profiter. Et même si ce n'étaient pas les derniers, il fallait en profiter aussi. Car la blondinette avait l'impression que ces moments qu'elle passait avec Elio se déroulaient si rapidement ... Pas le temps de se retourner, l'avenir les attendait déjà les bras ouverts. « Venez, approchez, c'est par là. ». L'avenir ... Il était rempli de surprises. Puis, de choses auxquelles on s'attendait. Ou plutôt qu'on espérait. Gabriel, elle, espérait pour le moment que ces gestes que faisaient Elio n'étaient pas un signe d'adieu mais de pardon. Elle comprit vite laquelle de ces deux choses cela signifiaient quand il chuchota :

« Ralalala Gabriel. J’te demande de sourire et tu te mets à pleurer. Pourquoi tu t’excuses ? C’est rien . Vraiment . Rien. Tu sais au pire j’m’en fou de ta famille . C’est méchant à dire mais c’est pas pour eux que j’ai dit ça. Plutôt pour toi. Souris moi , j’t’en prie little cat. Quant à mourir , si je te laisse faire cette bêtise, je serais déjà là-haut. Allez pleure pas. Chuuuuuuut »

Le pardon, oui, c'était ça. 'Little cat'. Il avait à nouveau prononcé ce surnom affectueux que l'étudiante aimait tant. Qui la rendait si heureuse, qui la faisait remonter sur son nuage, bien qu'encore en larmes. Elle n'arrivait pas à s'arrêter de pleurer, mais cette fois ci, ses pleurs signifiaient autre chose. Un certain soulagement, un apaisement et surtout une délivrance. Elle devait lui sourire. Elle avait envie de le rendre heureux, de lui montrer que cette inquiétude était passée pour faire place à une délivrance, qu'elle ne voulait pas lui montrer ses pleurs comme ça. Elle voulait sourire pour lui, mais elle n'y arrivait pas. Ses pleurs l'étouffaient, la rendaient incapable de faire une mimique 'heureuse'. Et pourtant, elle ne pleurait pas de tristesse, au contraire. La jeune daemon essayait tant bien que mal de cesser de pleurnicher, de retenir ses larmes de couler mais c'était trop dur. Elle continuait de planter ses yeux dans ceux de Lio pour lui faire comprendre qu'elle ne pleurait plus de tristesse. Et il comprenait, ça se voyait, ça se sentait, ça se lisait dans ses si beaux yeux.

Puis, d'un geste doux et calme, il alla déposer un baiser sur la joue de Gabriel. Sur une de ses larmes. Il la soignait, la protégeait. Et elle, elle jubilait. Jubilait de bonheur, de bien-être. Elle sentait ses douces lèvres se déposer sur sa joue, sur chacune de ses larmes qui coulaient toujours, comme une fontaine. Elle ne méritait pas tout ça, elle le savait, et pourtant, elle acceptait tous ces 'cadeaux'. Ce cadeau. Son cadeau. Elio ...Son essentiel et son tout lui était revenu. Il ne l'avait pas abandonnée. Un blanc s'était installé. Mais il voulait tout dire. Que les deux compagnons n'étaient pas destinés à se séparer, au contraire. Gabriel savait qu'elle devait le protéger et elle le voulait. Mais cette tâche était peut-être trop dure pour elle ... Jusqu'à maintenant, elle s'était faite chouchouter, cajoler,choyée. Mais elle, elle n'avait rien fait pour lui. Juste des caprices... Dorénavant, il fallait qu'elle arrête d'agir comme ça. Elle allait le protéger, le rendre heureux !


« Je mérite pas que tu pleures pour moi »

Avait-il dit, presque sereinement. Et, elle ne méritait pas d'être dorlotée de la sorte. Même si elle aimait ça. Non, même si elle chérissait cette sensation, ces câlins, ces bisous. Si doux ... Mais elle aussi, elle voulait donner. Donner du bonheur, du bien-être, de la satisfaction. Et de la fierté. Oui, de la fierté. Car, en ce moment, Gabriel était sûrement la plus fière des daemon. Fière d'avoir un maître si parfait, si bon, si bien, si ... Si tant de choses inqualifiables. Son coeur n'appartenait plus qu'à Elio, à qui elle vouait de l'admiration, de l'amitié, de la reconnaissance, l'envie de le protéger... et ... Et quelque chose qu'elle ne s'avouait pas vraiment, dont elle n'était pas sûre mais qui l'envahissait pourtant. L'adolescente repoussa cette hypothèse. Pour l'instant, elle devait surtout se faire vraiment pardonner. Elle allait réussir, elle devait.

L'étudiant se leva, entraînant sa daemon au passage et en gardant un bras autour de son épaule, ils marchèrent vers la porte. Gabriel versa une dernière larme. Oui, une dernière, la dernière ... Pour la journée du moins... Elle ne voulait plus lui montrer toutes ces failles présentes en elle, cette fragilité. Elle voulait lui montrer d'autres côtés d'elle. Sa curiosité par exemple.
Puis, juste avant de mettre sa main sur la poignée, il dit :


« Viens , on va prendre l’air »

Elle était d'accord. De toute façon, il aurait pu proposer n'importe quoi que la blondinette lui aurait offert le même sourire qu'elle venait de faire. Un sourire qui voulait dire qu'elle était tout à fait d'accord et heureuse de passer encore des instants en sa compagnie. Que, encore et encore, elle voulait rester avec lui ... Pour toujours.

Ils sortirent de la salle, s'aventurant dans les longs couloirs qui s'étalaient devant eux et qui offraient un nombre de directions impressionnant. Un peu comme eux. Plein de choses s'offraient à eux et, au hasard, ils sélectionnaient telle ou telle chose. Puis, alors qu'ils commençaient à s'embarquer dans des tas de couloirs, à se perdre (mais à ça leur importait peu, l'important était d'être ensemble), il dit :


« Je t’adore fort fort jusqu’à la lune et plus haut encore. Même si c’est pas assez fort encore »

Brusquement, à cause -ou grâce- de cette phrase, Gabriel se resserra vers Elio. Elle accrocha une de ses mains au T-shirt du jeune homme puis, elle passa son autre bras autour de la taille de l'étudiant. Et ils marchaient, comme ça, calmement, bien heureux. Elle souriait, elle riait puis elle levait la tête vers son compagnon, lui lançant un regard malicieux. Elle s'accrochait à lui comme un aimant sur du fer. Et elle n'était pas décidée à le lâcher.

Pendant cinq bonnes minutes, ils marchèrent comme ça. Parfois, elle leur faisait accélérer le rythme, tourner à gauche, à droite, continuer tout droit, laissant échapper des rires enfantins. Puis, finalement, à un croisement, elle s'arrêta et lui dit :


« Encore une fois, merci pour tout. Moi aussi je t'adore fort fort fort fort fort ... Plus fort que tout ce que j'ai adoré jusqu'à maintenant réuni ! »

Elle se cala contre lui, quelques instants, juste avant de passer la quatrième vitesse, de partir à un endroit bien défini, que la demoiselle adorait. Et cet endroit, elle mourrait d'envie d'y aller avec Elio, de faire des choses avec lui là-bas. De rire, d'avoir peur et tout un tas de sensations fortes. Elle le prit par la main fermement, et courut en direction ... Du parc d'attractions. Le lieu de rendez-vous des amis, des couples, des familles. Quoiqu'à cette heure-ci, ils risquaient plus de croiser des amis et des couples que des familles. En passant dans un couloir, Gabriel avait jeté un oeil à une horloge, il était déjà 19h.

Toujours en le tenant par la main, elle s'arrêta et lui dit :


« Bon, on est presque arrivé. Maintenant, je ne veux pas que tu voies. C'est la surprise. Attends... »

Elle le lâcha, et partit derrière lui. Afin de se grandir, elle se mit sur la pointe des pieds et cacha les yeux du jeune homme à l'aide de ses mains. Elle se serra un peu contre lui, lui chuchotant à l'oreille :

« C'est pas la meilleure surprise qui existe, mais j'ai envie qu'on y aille tous les deux ... »

Elle glissa un baiser sur l'oreille d'Elio et ils avancèrent de quelques pas un peu difficilement. Là, ils tournèrent à un angle et s'arrêtèrent. Elle garda ses mains sur les yeux d'Elio et lança :

« Ouvre pas les yeux tout de suite, je te dirai quand tu peux les ouvrir. »

Elle enleva ses mains des yeux du musicien, se mit à côté de lui, lui reprit la main et reprit :

« C'est bon, tu peux ouvrir les yeux. »


Dernière édition par Gabriel Harvey le Dim 21 Déc - 2:15, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Amusons- nous ! ** [Terminé]   Dim 23 Nov - 22:28

Au début, ça avait été Elio qui les conduisait dans les couloirs. Un peu au hasard, il fallait le dire, mais au moins était-il sur de savoir où ils allaient. Le musicien avait souhaité les emmener sur une terrasse. Il y en avait une qu’il aimait particulièrement du fait qu’elle donnait vu sur un pan ent…

Où étaient-ils ?

Plusieurs couloirs se présentaient devant eux. Et, le jeune homme était sur qu’il n’y avait pas un tel passage à prendre pour aller jusqu’à la terrasse qu’il convoitait. Cependant, il ne perdit pas espoir. Haussa même les épaules. Ceci signifiait seulement qu’il n’arrivait toujours pas à développer son sens de l’orientation. Et qu’il était voué à rester une fougère préhistorique dans ce domaine pour toute la vie. Avec un air blasé , il emprunta le premier des couloirs. Il remettait encore une fois, son « destin » entre les mains de la chance. En espérant qu’ils n’arriveraient pas au bâtiment des expériences chimiques ou un autre lieu étrange dans le genre. Il allait faire part de cette impression à Gabriel lorsque celle-ci se resserra contre lui. Avec un sourire. Enfin. L’adolescent lui adressa un regard et un sourire tendre, affectueux. Puis, son bras se resserra un peu plus sur l’épaule de la daemon . En même temps que le bras de la jeune fille qui se serra autour de sa taille.

Trop heureux pour réfléchir, trop concentré sur Gabriel peut-être, il n’adressa plus aucune attention au chemin qu’ils prenaient , se perdant de manière irrévocable dans le pensionnat. Il s’arrêtait parfois pour effleurer la peau du visage de l’adolescente avec ses lèvres. Finalement, à un croisement, ce fut elle qui les fit s’arrêter. Elle le regarda, les yeux brillant de bonheur et s’exclama


« Encore une fois, merci pour tout. Moi aussi je t'adore fort fort fort fort fort ... Plus fort que tout ce que j'ai adoré jusqu'à maintenant réuni ! »

Pour toute réponse, de la manière d’un chaton, il baissa sa tête vers la droite et lui adressa un sourire heureux. Mais, alors qu’il allait lui répondre quelque chose, elle se blottit contre lui et l’entraîna à travers le pensionnat. Elio ne put pas mémoriser les allés qu’ils prenaient alors que Gabriel courrait devant lui et qu’il la suivait, un sourire mi-surpris mi-curieux collé au visage. Il ne vit pas passer les couloirs, mais comprit petit à petit qu’ils se dirigeaient vers la sortie.

Il eut raison. Bientôt, la daemon poussait les grandes portes du hall et courrait à travers la pelouse. Lio’ éclata alors d’un grand rire. D’un rire vrai, pas contenu comme si on voulait le cacher. Il s’amusait beaucoup. C’était aussi, il fallait l’avouer, une manière d’oublier les pleurs de la jeune fille qui résonnaient toujours dans sa tête. Il ne fallait pas qu’il se leurre. C’était bien lui la cause de ses souffrances. De ce voile de tristesse qu’il avait vu dans ses yeux. L’adolescent avait pris une décision. Il ferait tout pour que , plus jamais, elle ne pleure. Du moins devant lui. Il souhaitait la faire rire aux éclats, faire le clown juste pour elle, lui racontait des anecdotes drôles sur le pensionnat. Qu’elle rit.

Bientôt, ils se remirent à marcher plutôt qu’à courir. Il fallait dire qu’Elio n’avait pas l’endurance d’un lynx et qu’il s’essoufflait assez vite. Il aurait de toutes évidences, des notes pourries en athlé et en endurance. M’enfin, il s’en fichait. L’adolescent sécherait la plupart des cours , par ennui et d’autres , parce qu’ils étaient trop durs. Il espérait que d’autres « rebelles » seraient avec lui. Mais , étrangement, il préférait que Gabriel ne sèche pas avec lui . Le but de sa vie était peu être de le protéger cependant, elle ne devait pas « sacrifier » ( oh quel grand mot utilisé pour les cours…) ses heures d’études pour lui.

Enfin, ils s’arrêtèrent. Lio’ ne vit autour de lui , que des haies et un chemin qui se cachait en formant un virage , non loin . Il posa les yeux sur une Gabriel jubilant , qui leur dit


« Bon, on est presque arrivé. Maintenant, je ne veux pas que tu voies. C'est la surprise. Attends... »

Il sourit et elle se glissa derrière lui. Ses mains se posèrent devant les yeux du jeune homme dont le monde ne se résuma plus, bientôt, que par des ombres noires et roses. Il sentit le corps de la daemon se serrer légèrement contre lui, puis , elle continua.

« C'est pas la meilleure surprise qui existe, mais j'ai envie qu'on y aille tous les deux ... »

Il haussa les sourcils quand une caresse effleura son oreille. En plus clair, les lèvres de Gabriel se posèrent sur lui. Il adora de suite. Souhaita qu’elle recommence. Plein de fois.

« Ouvre pas les yeux tout de suite, je te dirai quand tu peux les ouvrir. »

Il acquiesça d’un mouvement de tête, pressé de pouvoir découvrir quelle était cette surprise qu’elle avait voulu lui faire. Alors que le noir s’imposait toujours à lui, une petite main se glissa dans la sienne et une voix mélodieuse atteint directement son âme.

« C'est bon, tu peux ouvrir les yeux. »

Entre temps, ils avaient fait plusieurs pas. Elio soupçonnait qu’ils avaient pris ce virage qu’il avait vu auparavant. Et, alors qu’il ouvrait les yeux, croyant découvrir ceux de Gabriel, des lumières chaudes s’imposèrent à sa vue ,ainsi qu’une multitude de grands objets qu’il mit du temps à reconnaître.

Un parc d’attraction.

Fait de grandes roues, d’auto-tamponneuses, et de pleins d’autres jeux dans le genre, le parc s’étendait devant le jeune homme, le réduisant à l’état d’insecte. Ses yeux étaient attirés , tantôt par un homme sur échasses , tantôt par une barbe à papa , tantôt par des voitures étranges qui fonçaient sur un circuit aux virages improbables. Et ce n’était que la partie qu’il pouvait voir. Les chemins se séparaient en deux, en trois même, cachant des merveilles en matière d’émotions , de frissons et de joies.

Il se tourna alors vers Gabriel. Dans ses yeux, toutes les lumières du parc qu’il avait emprisonné. Qu’il faisait luire pour elle. Juste pour elle


« Merci »

Dit-il , avant de dégager sa main de celle de la jeune fille pour enserrer son épaule de son bras. De l’entraîner avec lui sur ces chemins éclairés par mille lumières différentes. Les mots se bousculaient à ses lèvres, et finalement il en choisit quelques uns, sûrement pour donner un répit à ses pensées, sûrement pour donner un répit à son cœur.

« Tu me guides hein »

Sa mère ne l’avait emmené qu’une seule fois dans ce genre d’endroits. Elle l’avait fait parce que lui, jeune garçon , avait insisté. Elle détestait ce genre de manifestations à cause , avait-elle dit, d’un très mauvais souvenir. Lio’ n’avait pas insisté. Lorsque sa maman fronçait les sourcils, il n’insistait jamais.

« J’te confie un truc. J’ai jamais fait de grande roue et d’attractions faites pour les plus de onze ans. »
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MessageSujet: Re: Amusons- nous ! ** [Terminé]   Lun 24 Nov - 0:21

Elle était là, à côté de lui, tenant sa main. Elle ne regardait pas son visage. Avait-il ouvert les yeux ? Etait-il heureux ? Content d'être là, à côté d'elle, devant cet endroit qu'elle lui présentait. Il avait sûrement ouvert les yeux, puisque quelques secondes avaient passé. Elle crut un instant qu'il était déçu. Déçu que ça ne soit pas une surprise spectaculaire, presque magique. Après tout, c'était juste un parc d'attractions, rien de très impressionnant. Il y était sûrement allé des tas de fois, et avec des personnes mieux qu'elle qui plus est. D'ailleurs, une question vint à l'esprit de la jeune daemon... Avait-il déjà été amoureux ? Etait-il un tombeur, qui avait un tas de copines jusqu'à ne plus se rappeler du prénom de chacune; de se tromper en en nommant une par le prénom d'une autre. Il ne semblait pas être ce genre de personne mais, après tout, il était tellement... 'bien' qu'aucun(e) fille/garçon ne pourrait lui résister. Mais lui, serait-il capable de profiter des gens comme cela ? Gabriel n'osa pas demander, par peur de le blesser en lui laissant croire qu'elle imaginait un tas de mauvaises choses sur lui. Ce qui était faux. Elle savait juste qu'Elio était un garçon tout ce qu'il y a de plus respectable, droit. Mais c'était normal de se poser quelques questions, non ? Gabriel ne put s'empêcher d'imaginer une scène entre Elio et une de ses supposées conquête.

Imagination ON.

Il était là et, en face de lui, il y avait une jolie jeune fille. Grande et fine, s'accordant parfaitement avec le jeune homme, de longs cheveux bruns parsemés de reflets châtains virevoltaient au rythme du vent. Avec un sourire aguicheur, elle demandait à Elio de l'accompagner à la grande roue. Il acceptait, la tenait par la taille. Quant à elle, elle lui parlait de ce qu'ils allaient faire le so...

*STOP, stop Gaby ... Arrête d'imaginer des trucs, ça va aller trop loin...Boulette, va.*

Imagination OFF.

L'étudiante avait stoppé son imagination qui avait commencé à germer. Un peu trop d'ailleurs. Sa curiosité faisait souvent partir son imagination en vrille. Elle se renseignerait à propos de tout ça plus tard. Pour l'instant, elle devait juste profiter des instants qui s'offraient à elle. A eux. Des moments de complicité, de fou rire etc...

Puis, soudainement, Elio se tourna vers elle. Il avait des étoiles dans les yeux. Non, plus que des étoiles ... L'étudiante n'aurait pu réellement décrire ce mélange de couleurs aux mille éclats et illuminations qui exprimait une fois de plus tous ses sentiments et ses émotions. Gabriel était en admiration. Elle était amoureuse de ce regard rempli de significations. Elle le photographiait de ses yeux, à elle. Puis, l'image arrivait dans un petit coin du cerveau appelé la section mémoire. En fait, il y avait plusieurs parties dans sa section 'mémoire' : « souvenirs dont il ne vaut mieux pas se rappeler. Rayons-les ! », « souvenirs qui m'importent peu. Pourquoi pas les garder ? » et enfin, « Mes plus beaux souvenirs...A chérir et à garder à tout jamais. ». C'était dans la dernière partie que s'était installée cette si délicieuse image.


« Merci »

Lui avait-il dit avant de lâcher la main de la jeune fille. Un instant, elle crut qu'il l'abandonna, une lueur de peur avait fait une courte apparition dans ses yeux pour finalement vite repartir quand le musicien avait passé son bras autour de l'épaule de la blondinette. Ouf. Sans s'en rendre compte, l'étudiante avait vraiment laissé échapper un faible soupir de soulagement.

Il la remerciait simplement. Simplement, et pourtant, comme la moindre de ses paroles, elle semait le trouble dans son coeur telle un ouragan.

Les deux acolytes avancèrent alors dans le parc. Des souvenirs remontaient dans la tête de Gaby. Voir cette grande roue, illuminée, remplie de couples, de groupe d'amis ... C'était si beau... Et puis, là-bas, tout au fond, une attraction à sensations fortes. Loopings et décoiffage assurés. Ces personnes assises sur un banc, l'une tenant une barbe à papa dans la main, l'autre croquant à pleines dents une pomme d'amour. On aurait cru à une carte postale. Une magnifique et magique carte postale, qu'on préfère accrocher et encadrer à son mur plutôt que l'envoyer à quelqu'un.

Gabriel était sûre qu'Elio, peu importe aux côtés de qui il était, embellirait n'importe quel endroit. De l'endroit le plus sale, le plus insolite à l'endroit le plus merveilleux, il les rendrait meilleurs, féeriques. C'était une certitude.


« Tu me guides hein »

Dit-il sereinement. Oui, elle le guiderait même si, à l'instant, elle ne savait pas trop où elle l'emmenait. Grande roue ? Non, ça, c'était pour la fin de soirée, pour se remettre de ses émotions et se calmer. Vivre un moment paisible. Donc, non, pour l'instant, elle ne savait pas par quoi commencer, mais elle savait quoi éliminer, dont la grande roue. Elle décida d'attendre que le chemin s'ouvre à eux tout seul, sans qu'elle n'ait besoin de réfléchir. L'étudiante était persuadée que le destin avait quelque chose à voir dans leur rencontre et donc qu'il jouerait aussi de leur côté cette soirée. Puis, alors qu'ils marchaient toujours dans on ne sait quelle direction, il reprit :

« J’te confie un truc. J’ai jamais fait de grande roue et d’attractions faites pour les plus de onze ans. »

Alors comme ça, il n'avait presque fait aucune attraction 'intéressante'. Gabriel s'en réjouissait. Elle s'en réjouissait car c'est avec elle qu'il allait partager ces premiers instants. L'angoisse quand le petit wagon monte, monte et PAF, descend, brusquement. Le stress qui descend puis remonte, au rythme de l'attraction. Le tremblement de la tête compressée contre le dossier, les cheveux virevoltant. Tout ça, c'était des moments à partager entre amis, en famille, en ... Couple ? Couple de daemon et de maître ? Cette expression semblait si peu appropriée aux yeux de Gaby pour une soirée comme celle-là. Ils s'apparentaient plus à des amis, à la limite. Oui, des amis, c'était ça.

Elle pouffa. Un rire enfantin s'empara d'elle, laissant croire qu'elle riait de lui. Puis, elle dit à l'adresse du jeune homme :


« Tant mieux, alors, c'est moi qui vais te faire découvrir tout ça. Je suis heureuse d'être la première à le faire avec toi. »

Elle laissa échapper un sourire et tourna à sa gauche, embarquant le garçon avec elle. Qu'y avait-il à gauche ? Aucune idée, l'important était de se laisser guider. Là, juste en face des deux adolescents, se trouvaient les autos tamponneuses. Des éclats de rire de diverses personnes présentes dans cette attraction couvraient la musique, pourtant plus bruyante que mélodieuse, qui s'en dégageait. Malgré ce bruit qui pourrait devenir insupportable car il n'avait rien d'agréable, l'étudiante aimait entendre, voir cela. Le bonheur se dégageant des personnes, la joie ... Un père laissant le volant à son fils tandis qu'il appuyait sur la pédale. Pan. Cataclysme, deux voitures se heurtent, ce qui fait encore plus rire les gens, bien que des bleus se trouveront sûrement sur leurs genoux bientôt. Ou encore un certain mal de dos. Bref, Gabriel aimait regarder tout ça ... Lire le bonheur sur le visage des gens était pour elle vital. Mais encore plus quand c'était sur le visage d'Elio.

Gabriel remarqua qu'elle s'était stoppée et avait par la même occasion stoppé Elio. Elle regarda alors autour d'elle quelques instants. Non, pas les autos tamponneuses dès le début, elle garderait ça pour plus tard également. Là, devant elle, se dressait une maison de l'horreur. Pourquoi pas ? Le genre de choses que l'adolescente n'avait jamais vraiment apprécié, pour cause, ses frères et soeurs riaient toujours d'elle à cause de sa trouillardise incontrôlée. Mais si Elio était avec elle, elle allait s'amuser. Elle allait apprécier et vivre l'instant comme il s'offrait à elle. Elle prit Elio par le bras, l'entraînant vers l'attraction choisie et lui dit :


« Viens, on va là-bas -elle désigna l'attraction-. Tu choisiras la prochaine ! »

Ils se mêlèrent donc à la queue composée de personnes attendant leur tour. La jeune fille se hissa sur une barre derrière elle et s'y assit. Là, elle prit les mains d'Elio, les gardant dans les siennes. Ses mains étaient chaudes. C'était agréable, étant donné que la blondinette commençait à se refroidir quelque peu. Elle serra les mains du garçon dans les siennes, organisant quelques vas et viens avec ses pouces gelés.

Du haut de son petit perchoir, l'étudiante pouvait voir la queue qui s'étendait sur une certaine distance, mais après tout, c'était comme ça dans tous les parcs d'attractions. Tant qu'elle était avec Elio, l'attente ne la ferait pas mourir d'ennui. Tant qu'elle pouvait l'observer, le toucher, le sentir, l'entendre ... Et tant que l'adolescente qui venait de s'installer derrière eux retiraient ses yeux d'Elio. Gabriel, jalouse ? Peut-être bien ... Non, pas peut-être, c'était sûr. Elle tenta tant bien que mal de dissimuler cette jalousie, resserrant un peu la pression qu'exerçaient ses doigts sur les mains d'Elio, changeant son regard de direction.
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MessageSujet: Re: Amusons- nous ! ** [Terminé]   Lun 24 Nov - 22:15

Elio s’embaumait les yeux. Littéralement. Il ne faisait pas du tout attention au chemin que Gabriel lui faisait prendre et s’accrochait à elle comme à une bouée. On aurait presque dit un enfant perdu. Il avait souvent la tête levée, dans le but de chercher des ballons qui s’échappaient dans le ciel ou ses yeux fixés sur une barbe à papa ou une attraction. Le musicien redécouvrait ce lieu que sa mère n’aimait pas. Qu’il avait le droit d’aimer. Quelque part, cela lui faisait plaisir. Car ces nouvelles découvertes, il les partageait avec Gabriel. L’autre fille la plus importante de sa vie après sa mère. Il n’arrivait pas à réaliser que ce n’était que la première journée qu’ils passaient ensembles. Il trouvait que le temps passait trop vite et trop lentement à la fois. L’adolescent ressentait toujours cela lorsqu’il était heureux ou ému. Ici, il était les deux à la fois. Peut-être même plus.

Soudain , Gabriel pouffa. Lio’ crut qu’elle se moqua de lui et fronça les sourcils, dans une mimique théâtrale de garçon vexé.


« Mais euuuuuuuh. Méchante vilaine »

S’exclama-t-il avant d’arrêter de résister et de rire avec elle. Il n’était pas le genre de personne à s’offusquer de ce genre de moqueries. Et puis, la jeune fille pouvait bien se moquer de tout ce qu’elle voulait sur lui, puisque cela la faisait rire. Il voulait bien se changer en clown même pour la faire rire. Son bras se resserra autour des épaules de son amie… Amie sonnait décidément comme un mensonge pour lui. Il n’arrivait pas encore à comprendre ce qu’il ressentait. Peut-être le repoussait-il , de peur de se tromper ?

« Tant mieux, alors, c'est moi qui vais te faire découvrir tout ça. Je suis heureuse d'être la première à le faire avec toi. »

« J’suis heureux que ce soit toi ma guide personnel de l’amour qui amoure trop fort »

Il sourit, comme pour illustrer ses mots, avant de comprendre ce qu’il venait de dire. Une certaine rougeur monta sur ses joues et il fit semblant de s’intéresser à un stand à côté de lui. Il se rappelait parfaitement de celui-ci. Un circuit d’eau était présenté aux visiteurs avec , à l’intérieur, une vingtaine de canards en plastic qui se baladaient gaiement . Le but était d’en pêcher le maximum avec une épuisette géante pour un enfant. Il tendit sa main droite vers l’un des canards pour l’effleurer mais un homme lui lança un regard désapprobateur et il préféra s’abstenir. D’autant plus que sa guitare n’était pas aussi forte que les muscles d’un taureau…

Soudain , ou peut-être ne l’avait-il pas remarqué avant, Gaby’ s’arrêta . Il tourna la tête vers elle et sourit tendrement. C’était un nouveau sourire , qu’il avait créé spécialement pour elle, et qu’il n’arrivait plus à enlever de ses lèvres lorsqu’il la regardait. Enfin. Malicieusement, il pencha la tête sur le côté, jusqu’à la poser sur l’épaule de la daemon . Ainsi, il voyait exactement ce qu’elle fixait. Une attraction. Les … s’il se souvenait bien, autos-tamponneuses. Il n’y avait pas vraiment de but à part foncer dans les autres. Ce dont les personnes présentes faisaient à la perfection. Les cris , les exclamations qu’ils poussaient témoigner à eux seuls la passion qu’il mettait dans leur quête du bousculage. Lio’ sourit. Il en avait fait contre sa mère . Elle l’avait percuté tellement de fois qu’il en avait perdu le bonnet qu’elle lui avait mis avant de partir. Cela avait été une bonne excuse pour l’oublier sur la piste. Pris d’une idée, le musicien chercha parmi les participants s’il y avait des mères ou des pères avec leur enfants. Il en vu un qui laissait le volant à un enfant aux boucles blondes . Une autre criait à sa fille aux couettes des indications qu’elle ne suivait pas , pour la plupart du temps. Alors, Elio pouffa. Chacun de ces parents surveillaient leurs progénitures de manières presque trop intensive. Lui avait eu la meilleure mère du monde et tant pis pour eux. Nah !


« Viens, on va là-bas . Tu choisiras la prochaine ! »

Gabriel l’emmena vers une maison aux allures lugubres . Sur la façade étaient dessinés des cadavres , des loup-garous et toutes autres sortes de bestioles sensée faire peur. Il comprit tout de suite le but de cette attraction. Il se pencha vers la jeune fille et lui souffla, sur les petits cheveux qui rebiquaient sur sa nuque

« j’te parie que j’rigole tout du long »

Ils se posèrent au bout de la file d’attente. Le blondinet passait de temps en temps sa main dans ses cheveux déjà ébouriffés et regardait avec une certaine tendresse celle de Gaby’ qui formait des cercles sur sa paume. Il n’aimait pas trop attendre. C’était une perte de temps et , il finissait toujours par devenir pensif lorsqu’il n’avait rien à faire. Mais là, il était content. Parce qu’avec l’adolescente, il savait qu’il ne s’ennuierait pas. Et , quelque chose lui tirait un sourire qu’il n’arrivait pas à qualifier. Le regard de Gabriel était posé sur une jeune fille derrière eux avec une certaine… colère ? En tous cas, elle ne semblait pas beaucoup l’aimer. Le garçon n’avait même pas besoin de la voir pour le remarquer. Elle serrait plus fort sa main et ses gestes étaient un peu plus secs. Soudain , elle changea son regard de direction. Il ne put s’empêcher de pouffer. Puis, il se baissa vers sa blondinette , la seule , l’unique, et lui déposa un baiser sur la joue.

« Ma main préfère quand tu n’es pas en colère. En colère ou jalouse ? je sais jamais moi »

Il éclata de rire et se redressa. Suivi du regard par la jeune fille derrière. Cette insistance commençait réellement à le mettre mal à l’aise. Il avait eu , certes, beaucoup de succès dans le passé mais il ne s’y habituait jamais. Une des copines qu’il avait eu lui avait d’ailleurs avoué qu’elle trouvait « trop craquant » le fait qu’il soit mal à l’aise pour ce qu’elle appelait des broutilles. Il se souvenait lui avoir répliqué qu’il préférerait qu’elle le défende contre toutes les méchantes regardeuses au lieu de le regarder faire ses moulinets d’yeux en espérant qu’elles arrêtent. Elle l’avait quitté quelques semaines après. Il ne savait toujours pas pourquoi. Bah… Il n’avait , de toutes manières, jamais été amoureux pour de vrai. Des petites amourettes par-ci par-là , parce qu’il n’aimait pas donner de rateaux . Il n’avait eu qu’une seule relation un peu sérieuse.

Le musicien adressa un bonjour timide à l’adolescente derrière et lança un appel au secours du regard à sa Gabriel. Mis sa main libre sur la joue de cette dernière. Il aimait beaucoup faire ça et il espérait qu’elle ne pensait pas qu’il le faisait uniquement pour déranger la fille derrière.

La file avança plus vite qu’il aurait cru. Ils se retrouvèrent bientôt juste devant l’entrée. Une certaine agitation gagna le ventre d’Elio et il priait presque pour que la file avance plus vite. Et fut exaucé. Ils se retrouvèrent bientôt à l’intérieur de la maison. Sans pouvoir se contenir, Lio’ éclata directement de rire. Gaby’ allait sûrement le prendre pour un fou mais ce n’était pas grave. Pas du moment qu’elle gardait sa main serré contre la sienne. Il l’imaginait se resserrant contre lui parce qu’elle avait peur, ou criant comme une folle. Ce qui redoubla son rire. Il n’arriva à se calmer que lorsqu’il entrèrent dans une pièce décorée dans l’ambiance égyptienne. Un sarcophage immense se dressait devant eux, sûrement pour qu’ils se focalisent dessus et oublie les autres objets de la pièce. D’ailleurs, quelqu’un surgit brusquement derrière eux . Il sursauta et éclata de rire. La pression que maintenait la main de l’adolescente sur la sienne augmenta. Il lui lança un regard tendre et ils s’avancèrent un peu dans la pièce. Lorsqu’ils passèrent près du sarcophage, une momie s’éleva et Elio dit à Gabriel, des lueurs enfantines dans les yeux .


« Tu crois que si on tire sur les bandelettes il tombe ? »

Ils passèrent leur chemin et prirent un virage . Deux statues représentant le dieu chien Anubis se dressèrent devant eux leur lance pointées directement vers leurs poitrines. Dans un geste purement théâtral , Lio’ se plaça légèrement devant la daemon et adressa un regard joueur aux acteurs. Finalement, les gardiens les laissèrent passé après avoir émis un râle plus ou moins effrayant. Cependant, lorsque les deux adolescents avancèrent, une sorte d’araignée géante leur tomba dessus. Elio sursauta une nouvelle fois et , encore, explosa de rire. Il joua un peu avec , la dirigeant vers Gaby’ puis les fit avancer. L’ambiance restait égyptienne.

Et deux momies derrière eux avançaient dangereusement…
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MessageSujet: Re: Amusons- nous ! ** [Terminé]   Mar 25 Nov - 23:38

Gabriel, toujours sur son perchoir, observait désormais la grande roue qu'on pouvait voir au loin. La nuit commençait à tomber, le ciel allait être rempli d'étoiles ce soir. Mais aucune étoile ne serait plus brillante que lui. Plus brillante qu'Elio. Son étoile, son envoyé du ciel, son angelot. Son angelot sur qui s'était à nouveau posé le regard insistant de la jeune fille située derrière eux, dans la file. Gabriel n'aimait pas juger sur les apparences, mais là, elle ne pouvait s'en empêcher. Parce que cette fille n'arrêtait pas de regarder Son Elio. Le sien et celui de personne d'autre. Ou du moins elle voulait qu'il lui appartienne entièrement. C'était, certes, égoïste, mais réaliste. La blondinette désirait Elio pour elle seule. Et cette adolescente au look aguicheur semblait ouverte à toute proposition concernant le musicien. Gabriel bouillonnait. De colère, de jalousie. Elle ne se rendait pas compte que, petit à petit, son étreinte devenait de plus en plus forte. Elle avait recentré son regard sur la fille derrière eux. Pff, sûrement avait-elle eu un nombre de copains si important qu'elle ne les comptait même plus. L'étudiante détestait cette sensation, ce sentiment. Cette façon d'avoir envie d'aller gifler l'adolescente, ce qui n'était pourtant pas dans son caractère. Etait-elle ... amoureuse ? Amoureuse d'Elio. Non. Non. Non. Elle ne se l'avouerait pas. L'avouer ? Rien que l'utilisation de ce mot prouvait tout ... Mais pour l'adolescente, ça ne devait pas être ça. Elle avait peur que ce sentiment vienne tout gâcher. Elle en parlerait avec Elio au moment venu. Pour l'instant ... Elle sentait la bouche de celui-ci se déposer sur sa joue. Elle rougit. Elle aurait aimé recevoir encore un flot de bisous comme celui-ci. Elle fut sortie de sa jubilation par la voix d'Elio, qui lui disait :

« Ma main préfère quand tu n’es pas en colère. En colère ou jalouse ? je sais jamais moi »

Il l'avait démasquée, dévoilée, dénudée. Pas au sens propre du terme bien entendu. Elle rougit encore plus, baissant la tête, cachant un sourire gêné. Jalouse et en colère. C'étaient les deux réunis. Mais plus jalouse qu'en colère. Elle desserra son étreinte, accompagnée d'un rire faible, montrant sa gêne. Pourquoi c'est elle qui devrait être jalouse ? Gabriel aurait bien aimé que lui soit jaloux. Elle aurait adoré voir cette expression un peu boudeuse sur son visage. Et, à ce moment-là, elle aussi aurait déposé un baiser sur sa joue, comme pour lui dire « Je ne suis qu'à toi . ». Après, elle ne savait pas si le baiser qu'il venait de lui donner signifiait ça, mais elle l'espérait. Espoir. Cette journée était presque uniquement constituée d'espoir. L'espoir de le voir encore une fois. L'espoir de vivre avec lui. L'espoir que ce ne soient pas des sentiments 'd'une journée', du côté d'Elio. Trop d'espoirs qui se baladaient dans la tête de l'étudiante. Et si tout cela tombait à l'eau ? Si ces espoirs étaient fondés sur des bases si fragiles, qu'ils n'avaient finalement aucune chance de se réaliser ? Si tout cela était vain ... Cette possibilité était envisageable et pourtant, depuis quelques minutes, Gabriel sentait que tout n'allait pas être détruit, au contraire. Elle voulait, elle savait, que les évènements qui allaient suivre seraient beaux, étincelants...

Ayant reposé son regard sur le si beau visage d'Elio, Gabriel remarqua le bonjour timide qu'il adressa à l'adolescente qui n'avait toujours pas arrêté de lancer des regards aguicheurs. Mais, bizarrement, Gabriel était confiante, elle savait que ce regard n'était pas destiné à répondre aux avances assez insistantes de la jeune fille, mais plutôt pour faire passer un message à Gabriel. Message qu'il compléta en déposant délicatement sa main sur la joue de la blondinette. A son tour, elle déposa sa main au dessus de celle du musicien et, de l'autre, elle continuait de dessiner des cercles dans la paumes du jeune homme. Elle adorait la peau douce qui s'offrait à elle.

Gabriel remarqua que la file commençait à avancer plus rapidement. Elle sauta de son perchoir, se retrouvant désormais au sol, suivant les personnes attendant leur tour dans la file d'attente. Elle avança en compagnie d'Elio, toujours en lui tenant fermement la main.

Ils arrivaient enfin à l'entrée de l'attraction, surveillée par deux gardes aux tenues quelques peu insolites. D'ici, on pouvait entendre les cris et les rires des personnes présentes dans l'attraction. La porte fermée qui se présentait devant Elio et Gabriel était décorée de divers formes orientales, un peu égyptiennes. Deux momies en carton étaient disposées de part et d'autre de la porte, à côté des deux gardes, qui semblaient aussi aimables qu'une porte de prison. Enfin, peu importe, on pouvait faire ce qu'on voulait à la demoiselle, ça lui importait peu tant qu'Elio était avec elle. Puis, chacun des gardes se déplaça, ouvrant la porte. Devant elle, Gaby pouvait voir un long chemin sombre parsemé ici et là de quelques faibles lumières montrant une fausse araignée sur sa toile, une momie qui ne bougeait pas, ainsi que quelques cercueils. Avant qu'elle ne puisse faire plus attention à ce qui les entourait, l'étudiante entendit le rire enfantin de Lio'. Elle était heureuse qu'il rit de la sorte. Au moins, il semblait s'amuser, ici, en la compagnie de sa daemon. Malgré l'obscurité ambiante, Gaby sourit à Elio. Sûrement le remarquerait-il quand même, comme un pressentiment. Là, ils arrivèrent en face d'un grand sarcophage décoré de toiles d'araignées. La blondinette ne put s'empêcher de sursauter quand, derrière eux, apparut quelqu'un, qui poussa un mi cri mi rire assez effrayant. Gaby resserra la main de son musicien, inconsciemment, comme un réflexe. La chaleur d'Elio envahissait alors Gabriel, prise de l'envie de se serrer contre lui, de lui dire, qu'à l'instant, il était plus que son moyen de réconfort ... Bien plus. Mais elle n'eut pas l'occasion de lui en toucher un mot, car l'adolescent l'entraîna un peu plus loin. Alors qu'ils passaient devant une momie aux allures vieille et usée. L'observant de haut en bas, de bas en haut, elle fut tirée de sa 'contemplation' par la voix d'Elio :


« Tu crois que si on tire sur les bandelettes il tombe ? »

Gabriel esquissa un sourire, son apaisement précédent partait peu à peu, pour cause, l'ambiance de l'attraction devenait de plus en plus glauque, effrayante. Elle répondit, un peu hésitante :

« Euh ... A vrai dire, je préfère pas essayer tu vois ... »

Resserrant un peu la main d'Elio, Gabriel se dirigea en compagnie de celui-ci en direction de la prochaine salle. Deux gardiens déguisés se présentaient devant la porte. Vêtus d'habits faussement égyptiens, ils laissèrent entrer les deux compagnons quand, d'un air théâtral, Elio se présenta devant eux et, sans que la daemon ne puisse voir ce qu'il avait fait, la porte était ouverte. Cette fois-ci, la salle était plongée dans une obscurité totale accompagnée d'une musique angoissante. Et, brusquement, alors que les deux adolescents avançaient plus ou moins tranquillement, une lumière s'alluma et une araignée tomba pile sur eux. Faisant un bond en arrière, non pas parce qu'elle avait la phobie des araignées mais plutôt à cause de la 'surprise', Gabriel s'accrocha au bras du jeune homme, de ses deux mains. Quant à Elio, il s'amusait à avancer puis reculer l'araignée devant les yeux de la blondinette. Elle était heureuse, en sa compagnie, en cet endroit un peu lugubre ... Elio ...

Alors qu'ils continuaient leur chemin, derrière eux surgirent deux momies, qui les avaient apparemment poursuivis depuis leur entrée dans la salle sans que les deux adolescents ne s'en rendent compte. La blondinette poussa un cri, se rapprochant d'Elio. Mais le pire, c'était que les deux momies continuaient de les suivre, qui respiraient fort bruyamment comme si chaque souffle était leur dernier. Elles avançaient lentement, tendant les bras devant elles. Alors prise d'un fou rire mi nerveux mi 'réel', Gaby prit la main d'Elio et l'entraîna vers la prochaine salle, poussant les portes qui répétaient des battements dûs aux vas et viens des couples, des amis, qui étaient dans cette fameuse maison de l'horreur. Encore en plein fou rire dont elle avait du mal à sortir, l'étudiante s'agrippa à son musicien, pliée en deux. Puis, séchant une larme (de joie évidemment), elle leva la tête vers lui et lui offrit son plus beau sourire tout en entourant la taille du jeune homme de ses bras et posant sa tête sur le torse du blondinet, écoutant son coeur battre. Encore un câlin, et alors ? Avec lui, elle aimait ça. Elle ne se serait pas collée à quelqu'un comme ça qu'elle n'appréciait pas. Non, avec Elio, c'était bien parce qu'il était spécial. Car, même avec ses ami(e)s, la jeune fille n'était pas si expressive. Jamais elle ne s'était sentie si bien avec quelqu'un. Mais Elio ... Elio. Ce prénom résonnait dans sa tête comme dans son coeur. Elle resta blottie comme ça contre lui quelques secondes avant qu'un cri perçant ne vienne interrompre leur séance câlinage et les décolla l'un à l'autre, Gabriel s'écartant violemment d'Elio, faisant un bond. C'était cette fille de tout à l'heure, qui venait de les rejoindre dans la salle et qui avait entre-aperçu un sarcophage. Pimbêche. Elle venait gâcher un des moments que Gabriel préférait. Être dans les bras de son musicien... La chanson qu'il lui avait jouée et chantée quelques instants auparavant résonnait encore dans sa tête.

Alors énervée par l'adolescente qui avait réapparu, Gabriel reprit la main d'Elio et les fit sortir de la salle. C'était la sortie de l'attraction. Le soleil s'était complètement couché et l'on pouvait voir toutes les étoiles, les lumières de la grande roue ... Puis, elle dit à Elio, un peu boudeuse :


« Ben quoi ... Elle ... elle m'énervait cette fille ! Mais, non, je suis pas jalouse hein ! Ou presque... »

Le visage de la blondinette était mi gêné mi boudeur, avec une pointe de rougissement qui apparaissait sur ses pommettes. Elle ne savait pas pourquoi, avec Elio, tout semblait si bien, si changeant... Elle aimait ça. Alors, relevant un peu la tête, elle leva ses yeux vers Elio, ouverts et ronds comme des billes, réalisant que son comportement pourrait peut-être l'énerver...
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MessageSujet: Re: Amusons- nous ! ** [Terminé]   Mer 26 Nov - 19:59

La nuit commençait à pointer le bout de sa noirceur fascinante. Déjà, Elio pouvait voir les étoiles les plus brillantes ainsi que le croissant entamé de la lune. Il aimait beaucoup s’allonger par terre et regarder le ciel en pleine nuit comme en pleine journée. Le firmament était tellement attirant bien que lui n’aurait pour rien au monde voulu devenir astronaute. Il s’amusait beaucoup à donner des formes aux nuages ou a s’imaginer reconnaître des constellations. Cela dévoilait sa nature originel de flemmard . Tout ce qui impliquait se reposer lui plaisait. Tout comme sa réponse aux question sur l’activité que l’on préférait faire qui était toujours dormir . Et , il le revendiquait en plus de cela ! Lio’ savait ce qu’il était et n’essayait pas de mentir. De toutes façons il n’y arrivait pas plus que se repérer dans un pensionnat.

Lorsqu’il avait suggéré à Gabriel qu’elle était jalouse, elle avait rougi. Et baissé la tête Le musicien avait souri . Il aimait bien lorsqu’elle faisait sa timide. Il aurait voulu la serrer fort en criant quelques « kawaiiii » mais il avait une réputation de mec calme à préserver dans cette foule. D’autant plus qu’il n’aimait pas être pris pour un hurluberlu lorsqu’il n’était pas qu’avec des gens qu’il appréciait beaucoup. Lio’ sourit encore plus. C’était étrange quand on pensait qu’il avait été directement à l’aise avec Gaby’ alors qu’il lui fallait d’habitude plus d’une journée pour câliner autant et faire autant le fou. Il haussa les épaules mentalement. Bah, elle avait sûrement un pouvoir spécial , puisqu’elle était un ange. C’était impossible autrement.

Ils furent bientôt devant la fameuse momie que le jeune homme voulait dépecer. A vrai dire, jusque là , il n’avait même pas réellement fait attention à Gabriel. Il n’avait pas regardé si elle avait peur, trop pris dans sa folie et ses rires. Mais , lorsqu’elle lui répondit


« Euh ... A vrai dire, je préfère pas essayer tu vois ... »

avec un ton peu rassuré, il décida de la « surveiller ». Après tout, il ne voulait pas qu’elle le laisse en plan juste après sous prétexte qu’il s’était trop amusé et qu’elle , avait eu trop peur. Bien que l’adolescent ne pensait pas que la jeune fille soit de ce genre-là mais il préférait tout de même anticiper. Il savait d’expérience qu’une fille était imprévisible. Et il ne voulait pas perdre Gabriel. D’autant plus qu’il y avait cette sorte de pincement au cœur lorsqu’il la voyait avoir peur ou être triste. Il préférait éviter de rentrer dans le sujet. Parce que la couleur commençait à se dévoiler et que le nom ne l’arrangeait pas. Le gêner.

Il s’amusa beaucoup avec les Anubis et l’araignée du plafond , bien que jetant souvent des coups d’œils à sa daemon. Celle-ci lui avait presque amputé un bras lorsque le faux animal était tombé devant eux. Il savait bien que c’était la surprise mais elle faisait mal quand même. Enfin, il préféra prendre le tout avec le sourire et la taquina pendant quelques instants. Jusqu’à ce que les momies apparaissent. Elio devait avouer que les acteurs étaient compétents. Il y croyait presque. Le souffle rauque des personnages, leurs pas lourdauds, leurs gestes hésitants , lents et si effrayant. Tout était réuni pour que l’effroi vous gagne. Seulement, l’adolescent explosa de rire. Tandis que Gabriel criait. Il la serra un peu plus fort contre lui avant de tirer la langue aux morts-vivants. Cependant, au lieu des rires qu’il avait entendu, un souffle encore plus glauque sortit du tas de bandelettes ambulantes. Lio’ commença à rire jaune . Cependant, la daemon , prit d’un fou rire qui redoubla celui du garçon, le tira vers les portes et les ouvrit d’un seul geste. Ils se retrouvèrent alors dans une pièce moins lugubre que les autres, sûrement pour créer une ambiance qui soit entre celle de la maison et celle de dehors.

Ils riaient encore tout deux comme des fous. Il entraperçu même la gothic lolita enlever une larme de sa joue. Puis, elle planta ses océans noirs dans ses yeux et lui offrit son plus beau sourire. Sourire auquel il ne put que répondre . Cela lui faisait plaisir qu’elle s’amuse autant que lui. Deux bras se placèrent autour de lui et bientôt, Elio serrait Gabriel dans ses bras. Ses lèvres prirent une teinte hébété alors que le musicien entourait la jeune fille de son bras droit, le gauche partant sa masse capillaire ébouriffée. Cependant , tout cela s’arrêta trop vite. Un cri rivalisant avec ceux des sopranos résonna . L’adolescent crut que c’était le final, le dernier événement terrifiant et bizarrement il n’eut pas envie de rire. En réalité, il était en train de s’énerver légèrement. Ce pourquoi, lorsque ce fut la fille de la file qui débarqua dans la pièce, il haussa les sourcils avec un air presque moqueur. Presque insultant. Il allait parler mais une main s’empara de la sienne et le couple sortit tranquillement de l’attraction. Le couple ? Oh et puis mince il n’avait pas envie de réfléchir sur ce point maintenant !

Il faisait désormais totalement nuit. Les quelques étoiles que le jeune homme avait aperçue tout à l’heure avaient été rejointes par leurs compagnes. Cependant , ce qui brillait le plus était bien la grande roue. Les wagons tournaient doucement et à leur bord, des gens qui se confiait, peut-être même se déclarait ou tout simplement profitait de la vue. Une vois le tira de sa contemplation. Il tourna légèrement la tête


« Ben quoi ... Elle ... elle m'énervait cette fille ! Mais, non, je suis pas jalouse hein ! Ou presque... »

« Ah c’était elle ? j’avais cru voir un acteur de l’attraction moi »

Répondit-il sarcastiquement avant de grimacer puis de s’approcher de Gabriel et de lui offrir un grand sourire. Elle avait pris son air boudeur , avec cette pointe de rougeur qu’il aurait embrassé s’il n’était pas timide. Seulement, avant qu’il n’ait put faire quoique ce soit, elle changea littéralement d’expression et l’observa, les yeux grands ouverts , le visage prit d’un air stupéfait et , apparemment , terrifié. Il haussa les sourcils et , avec un sourire en coin

« Quoi ? Il y a une dernière momie derrière moi ? La fille me regarde avec un couteau dans la main ? J’ai un énorme bouton vert sur le nez ? »

Il rit puis lui attrapa la main. L’adolescent était naïf et ne comprenait pas toujours les réactions des gens. Parfois, il ne cherchait même pas à savoir. Cependant, Gabriel devait tout lui dire. Il l’obligerait même si c’était nécessaire. Il voulait tout savoir d’elle ,de ses peurs, de ses rêves… tout !

Se souvenant que c’était à lui de choisir une attraction, Elio posa ses yeux avec attention sur celles qui se présentaient à lui . Seulement, il ne savait pas quoi choisir et était tenté par tout. Quelque part, le musicien avait peut-être peur de paraître ridicule en choisissant quelque chose qui fasse trop enfant ou encore qui soit prisée par les personnes âgées. Il ne voyait pas Gaby’ se moquait pour ça mais quand même. Il en allait de sa fierté masculine !

Quelque l’attira soudain. Il s’arrêta. Des personnes tiraient à la carabine sur des ballons gonflables qui flottaient joyeusement dans un compartiment. Le garçon avait déjà vu sa mère adoptive en faire et elle n’avait pas voulu que lui essaye. Néanmoins , il ne savait pas si Gabriel aimait ça. Dérivant toujours, ses yeux s’ancrèrent sur une peluche . Un énorme chat. Blanc . Magnifique. Il ouvrit sans le remarquer la bouche dans une exclamation enfantine et ses yeux se mirent à briller. L’animal était figé dans une pose mi-assise mi-debout la patte relevée vers sa figure et le visage joueur. Elio se mit à rire et pointa l’objet tout en se tournant vers l’adolescente


« Regarde ! C’est toi little cat ! »
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MessageSujet: Re: Amusons- nous ! ** [Terminé]   Jeu 11 Déc - 22:56


Encore un peu exaspérée, énervée par le comportement de l'adolescente qui avait précédemment tout gâché, Gaby se sentait quand même désolée pour Elio. Il est vrai qu'elle avait un peu, elle aussi, gâché la fin de l'attraction et que ... Mais, oh ! Pourquoi devait-elle toujours être en train de se poser un tas de question à propos de ce qu'aimait ou n'aimait pas Elio ? Voilà, elle se posait encore une question. Elle devait lui faire confiance. S'il avait quelque chose à lui reprocher, il le ferait. Point barre. Et pourtant... Même en se disant cela, en essayant de toutes ses forces de se persuader qu'elle devait juste avoir confiance en lui et se laisser guider, l'étudiante n'était pas complètement rassurée. Des interrogations continuaient de l'assaillir de toutes parts. Etait-ce par ce qu'elle tenait tant à Elio ? Parce qu'elle voulait tant le protéger, donc ne pas lui faire de mal ? Oui et non. Oui, car c'était en partie ça. Mais bien plus. Un arc-en-ciel de sentiments. Des couleurs, des arômes et des senteurs infinis. Pourtant, ça ne faisait pas une journée qu'ils s'étaient rencontrés. Une malheureuse journée qui représentait cependant pour Gabriel sa plus belle journée. Jusqu'à aujourd'hui du moins car, qui sait ce que l'avenir nous réserve ? La blondinette, elle, le savait en partie. Rester avec Elio. La suite, elle n'en avait aucune idée et, à vrai dire, elle s'en contrefichait totalement. Complètement. Intégralement. Radicalement. Et même un flot de mots similaires n'aurait su le dire. Oui, elle s'en fichait. Tant qu'elle restait avec lui. Avec Elio. Bien sûr, il fallait, non, c'était une obligation formelle, que ce dernier soit heureux. Après, c'était encore mieux si tous deux étaient heureux, non? A ce moment-là, Gabriel n'aurait pas pu dire qu'elle était heureuse si lui l'était. Elle était trop égoïste pour cela... Si Elio était heureux en la compagnie d'une autre personne que Gaby, elle l'accepterait, bien entendu, mais un pincement au coeur, non, une tornade semant le trouble et le désordre total l'envahirait. Bon, il ne fallait pas penser à ça pour l'instant. Il fallait écouter la voix d'Elio, qui lui disait :

« Quoi ? Il y a une dernière momie derrière moi ? La fille me regarde avec un couteau dans la main ? J’ai un énorme bouton vert sur le nez ? »


Un sourire se dessina sur le visage de la blondinette. Puis, d'un geste de la main, elle déposa son doigt sur le nez de l'adolescent et répondit :

« Un énooooorme bouton comme j'ai jamais vu! »

Puis, elle fit mine de se retourner et de partir. Après deux pas, elle se retourna et, observant le garçon, elle continua:

« J'plaisante. Rien de tout ça. T'es presque parfait de toute façon. Rien de tel peut t'atteindre, parce que t'éblouis tout le monde. »

Comment avait-elle osé dire ça ? C'était sorti de sa bouche, tout seul, comme si, quand elle se retrouvait en face de lui, elle ne contrôlait plus rien. Ce qui était vrai. Elle ne contrôlait plus rien. Tout autour d'elle s'effondrait. Seul persistait tel une étoile bien plus brillante que les autres, Elio.

Puis, alors qu'il l'avait entraînée vers un stand de tirs, l'adolescent désigna une peluche tout en disant :


« Regarde! C'est toi little cat! »


La peluche représentait un gros chat blanc. Autour du stand, plusieurs personnes tentaient leurs chances. Certaines vainement, d'autres non. Un père et son fils semblaient faire un concours contre le reste de la famille : la mère et la fille. Aussi surprenant que cela pourrait le paraître pour certaines machos et malgré les préjugés, la mère et la fille faisaient carton plein. Cela donnait un peu de fierté à la jeune daemon. Un reste de féminisme ? Peut-être bien. Et, par dessus cela, Gaby était attendrie et heureuse. Heureuse qu'une petite peluche comme cela rappelle à Elio sa daemon. Heureuse d'être ici avec son musicien. Comment, en si peu de temps, pouvait-on tant s'attacher à une personne ? Gaby ne savait pas. Un énorme point d'interrogation se dessinait devant elle, il la narguait, il lui disait qu'elle n'aurait jamais la véritable réponse. Mais, parfois, n'est-ce pas mieux de ne pas être au courant de la vérité, quelle qu'elle soit ? Gabriel pouvait apercevoir un jeune homme, devant elle, près de la grande roue. Lui, aurait-il aimé savoir qu'il y a un mois ou deux sa ben aimée l'avait trahi ? Sûrement pas. Peut-être même que, pour son bien, elle le lui avait toujours caché et que, finalement, cela lui fut bénéfique. Mais tout cela n'était que suppositions. De bêtes hypothèses qui pendaient, accrochées à un fil devant le nez de la blondinette et, bêtement, elles lui semblaient vraies. Un peu comme les étiquettes qu'on colle aux gens. Bizarrement, elle en avait collée une à Elio. Pourquoi ? Alors que, d'habitude elle ne faisait jamais ça. Elle ne jugeait jamais si rapidement. Mais, l'étiquette d'Elio c'était ... Un code. Un code qui voulait tout dire. Que c'était la personne qui était destinée à Gabriel et que rien ne pourrait le changer. Qu'il était parfait pour elle. Mais surtout, fait pour elle ainsi que elle pour lui. Le fil rouge. Cette bêtise de destin. Chose à laquelle, jusqu'à aujourd'hui, elle n'avait pas cru mais qui prenait en ce moment tout son sens. Elle se retrouvait bien bête, bien irréfléchie. Aux côtés d'Elio, elle changeait du tout au tout.

Secouant la tête comme pour revenir à la réalité, l'adolescente remarqua qu'ils étaient désormais juste devant le stand. Le gérant du stand, qui semblait relativement âgé, leur offrit un sourire presque paternel. Il semblait être d'une gentillesse débordante. Alors, l'air de rien, il dit :

« Alors, un couple veut essayer ? Je vous offre le tour parce que vous semblez si bien vous entendre ! »

Un couple ? Cette appellation ne dérangeait pas Gabriel, au contraire. Mais, un couple de quoi ? Un couple d'amoureux ? Aux yeux de Gabriel, c'était bien trop faible pour caractériser leur relation si spéciale. Pourtant, elle ne put réprimer un léger rosissement sur ses paumettes. Puis, avec un sourire enfantin et joueur, elle lui répondit :


« Très bien, nous commençons alors ! »


Le vieil et aimable homme tendit un fusil vers Gabriel, précisant qu'il était question de galanterie, donc, honneur aux femmes bien entendu. Avec un sourire jusqu'aux oreilles, elle saisit le fusil entre ses deux mains. Une légère peur du ridicule s'installa en elle. Et si elle ratait tout ? Peut-être que les deux hommes se moqueraient d'elle. Non. Elle avait confiance en Elio. Et puis, même s'il se moquait, elle ne lui en voudrait pas. Il comptait bien trop aux yeux de Gabriel pour qu'elle lui en veuille pour des pacotilles. Elle ne voulait pas gâcher leur relation et ces moments de bonheur qui s'offraient à eux deux. Alors, remontant les bras et se positionnant maladroitement de façon à essayer de tirer sur le ballon qui bougeait à droite et à gauche derrière les fines grilles, Gabriel souffla à Elio :

« Porte moi chance. Si je réussis, alors tu deviens mon porte bonheur officiel ! »


Un sourire en coin se dessina sur son visage et, pour mieux viser, elle ferma un oeil. La blondinette tentait de ne pas trop trembler afin de ne pas rater son coup, ce qui était dur étant donné qu'une petite boule de stress s'était emparée d'elle. Petite, certes, mais présente. Alors, elle appuya sur la gâchette. Pan. En plein dans le mille. Détendue, Gabriel desserra ses muscles et lança à Elio :


« Bah, ça y est, t'es mon porte bonheur officiel. Merci ! »


Elle ne put s'empêcher de sauter au cou du jeune homme et de lui déposer un petit baiser sur la joue. Heureuse, heureuse, heureuse ... Elle aurait pu le répéter à l'infini que ça n'aurait pas suffit à exprimer combien elle se sentait bien, combien elle lui était reconnaissante. Elle passa ses mains dans les cheveux du garçon puis lui dit :


« Allez, à ton tour maintenant ! »
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MessageSujet: Re: Amusons- nous ! ** [Terminé]   Ven 12 Déc - 13:21

Elio vit, du coin de l’œil, l’adolescente qui avait crié comme une folle dans l’attraction, sortir. Il ne lui adressa pas plus d’attention, soucieux de ne pas trop éveiller la jalousie de Gaby’. Sa mère lui avait déjà dit qu’une fille pouvait se révéler être une vraie furie. Il n’y avait cas la regarder pour comprendre. Effectivement, sa mère avait eu parfois des sautes d’humeur que lui n’aurait jamais pu expliquer. Cette pensée lui tira une grimace. Décidément, il y avait des choses chez les filles qu’il ne comprendrait jamais. Même si la rougeur sur les joues de Gabriel était des plus jolies.

‘Lio n’en revenait toujours pas. Il fallait qu’il avoue que cette jalousie dans le comportement de Gabriel lui donnait un sentiment chaud, une envie de la prendre dans ses bras, pour lui montrer qu’il n’était qu’à elle et qu’il ne souhaitait qu’elle. Tout cela, oui , tout cela, lui donnait un sentiment de réconfort. Elle tenait sûrement autant à lui que lui tenait à elle. Il voulait tellement la serrer dans ses bras. Cependant, sourd à cette sensation, il avait préféré faire le pitre. Peut-être que la serrer sans cesse déplairait à la jeune fille. Et cela avait bien marché. Il lui avait tiré un sourire. Puis, avec son doigt fin , cette main qu’il appréciait tant, elle toucha le nez du garçon. Légèrement surpris, il ferma les yeux. Un sourire tendre étira ses lèvres alors qu’il sentait la présence de Gabriel se retirer et que la douce voix de la daemon arrivait à lui.


« Un énooooorme bouton comme j'ai jamais vu! »

Le musicien s’empêcha de ricaner bêtement et fit mine de s’inspecter le nez avec les doigts. Cependant, Gabriel s’était retourné et avait avancé. Elle n’avait donc pas vu son petit numéro de clown. Il arrêta donc et se contenta de la fixer, la tête sur le côté , un sourire immuable posé sur les lèvres. Bientôt, elle se retourna. Ils restèrent quelques instants à s’observer mutuellement jusqu’à ce qu’elle reprenne la parole. Doucement

« J'plaisante. Rien de tout ça. T'es presque parfait de toute façon. Rien de tel peut t'atteindre, parce que t'éblouis tout le monde. »

Alors qu’il allait ouvrir la bouche, pour répondre, la réplique et sa signification atteignirent son cerveau. Le rouge monta lentement à ses joues et il baissa la tête. Avant de la relever, offrir un immense sourire à la daemon rougissante et s’approcher d’elle. Sa main se plongea dans l’océan blanc de ses cheveux et il lui répondit, sur le même ton qu’elle avait employé.

« Si j’éblouis tout le monde c’est parce que je suis la lune qui reflète l’éclat de son soleil. Tu brilles aussi. »

Puis, souhaitant mettre une touche d’humeur sur ses paroles un peu trop vraie et grave , un peu trop révélatrices de ce qu’il pensait et pourtant si peu claires, il ajouta

« Ah bah puisqu’on est parfait tout les deux on peux plus se quitter ! »

Il éclata de rire. Rangea ce pic de sentiment qu’il comprenait de plus en plus mais ne voulait pas accepter. Sûrement par peur. Sûrement…

Le stand de tir était bondé. Tout le monde affluait vers les carabines et les cibles. La plupart des enfants s’extasiaient comme lui l’avait fait, devant certaines peluches. Une petite fille encourageait son père qui tentait de remporter ce lapin rose qu’elle souhaitait tant. Deux adolescents faisaient une compétition pour savoir qui remporterait le plus de pistolets à billes. Ce fut là qu’Elio remarqua qu’il n’y avait pas que des peluches comme lots à remporter. A l’intérieur du stand, peint en bleu et décoré par des peintures africaines, sûrement, des étalages autour des cibles et des ballons présentaient toutes sortes de récompenses. Cela allait de l’immense tableau au petit porte-clé. L’œil de l’adolescent fut attiré par quelques figurines représentant animaux diverses. Celui du musicien par les baguettes de batteries, les médiators colorés et les répliques de guitares de marque. Seulement, de tous ce qu’il pouvait voir, rien ne l’attirait autant que le gros chat blanc. Peut-être parce que , quelque part, il l’avait directement assimilé à Gabriel. Gabriel…

Un des adolescents la regardait avec un rictus qu’Elio détesta de suite. Et, sans savoir qu’il devenait lui aussi jaloux, il posa un bras possessif autour des épaules de l’adolescente. Jeta un nouveau regard vers l’adolescent dont le regard s’était fait défiant. Le musicien haussa mentalement les épaules. Il n’était pas de nature belliqueuse mais il se doutait que les intentions de ce garçon envers Gaby’ n’étaient pas saintes. Et il détestait cela. Quelque part en lui, un feu ardent lui ordonnait de se jeter sur l’adolescent et de se battre. Il le ferait. Mais seulement si quelque chose arrivait à sa daemon.

Il était tellement occupé avec ce soupirant , qu’il ne remarqua qu’à la dernière minute l’homme qui tenait le stand. Son sourire le réconforta mais ce fut surtout ses paroles qui le « touchèrent ».


« Alors, un couple veut essayer ? Je vous offre le tour parce que vous semblez si bien vous entendre ! »

« Un couple » , « si bien vous entendre ». Ces mots tirèrent un sourire gêné à Elio qui enleva sa marque de possession sur la jeune fille, devinant qu’elle essayerait. Celle-ci venait tout juste de se porter en avant et , avec un sourire enfantin dire

« Très bien, nous commençons alors ! »

Il se plaça sur la droite, s’accouda sur le comptoir et posa un regard possessif sur la jeune fille. Le tenancier se plaça juste devant lui et lui offrit un clin d’œil . Nouveau réconfort. L’adolescent lui répondit par un sourire enfantin . Le vieil homme tendit alors une carabine à la daemon qui s’en saisit maladroitement . ‘Lio put presque ressentir à sa place la peur soudaine de tout rater qu’elle eut. Il allait la réconforter lorsqu’elle se tourna vers lui et , un sourire jusqu’au oreille lui annonça

« Porte moi chance. Si je réussis, alors tu deviens mon porte bonheur officiel ! »

Un sourire éclaira les lèvres du jeune homme. L’idée le branchait bien. Quelque part, plus elle lui donnait d’importance et plus il se sentait bien. Même si , c’était une plaisanterie, l’idée de lui porter chance lui insufflait un bonheur assez différent de celui qu’il ressentait habituellement. Alors, soucieux de réellement lui porter chance, il posa un regard tendre sur ses mains, ses fines mains qui tenait l’arme avec une volonté qu’il ne lui aurait pas cru. Quelque part, la voir tirer ne lui plaisait pas trop. Il la voyait plus avec une tasse de thé dans les mains ou encore une belle peluche. Pas qu’il la croyait incapable de s’en sortir, loin de là , mais la pureté dans les traits de l’adolescente contrastait trop fortement avec l’arme.

Pan. Dans le mille. Elio sourit . Cela signifiait qu’il…


« Bah, ça y est, t'es mon porte bonheur officiel. Merci ! »

Les deux bras de Gabriel se refermèrent sur le cou du jeune homme qui tendit imperceptiblement la joue, afin de recevoir le baiser de sa daemon. Il ne rougit même pas. Peut-être était-il fier de recevoir cela, tout en sachant que l’adolescent un peu plus loin ne pourrait sûrement jamais avoir la même chose de la belle jeune fille. Parce que , maintenant, il s’en rendait compte. Elle n’était pas belle que pour lui.

« Allez, à ton tour maintenant ! »

Avec un sourire, il prit la carabine et se plaça là où elle avait été deux minutes plus tôt. Il plia l’engin, y inséra le plomb et referma le tout. Sous le regard malicieux du tenancier, il arma , ferma lui aussi un œil et visa le centre. Alors qu’il allait tirer, sans bouger un seul muscle des bras il dit , sur un ton enjoué

« On va voir si on se porte chance mutuellement. »

Le musicien se concentra de nouveau et après ce qu’il lui sembla une éternité… tira. Le plomb fit un trou dans le carton, juste à droite de celui qu’avait fait Gabriel, les deux formants alors un ensemble. Deux réunis. ‘Lio aimait bien l’idée. Il allait se tourner vers Gaby’ pour lui aussi lui embrasser la joue mais le vieil homme éclata de rire et il ne put que poser son regard , inquisiteur, sur lui.

« Si on m’avait dit que ça se passerait comme ça. »

Il pointa son index dans une direction et l’adolescent reconnut le soupirant de Gabriel qui tournait la tête , penaud. Il ne comprit pas et se tourna une nouvelle fois vers l’homme. Celui-ci lui fit un clin d’œil et lui désigna la peluche de chat blanc

« Allez prenez-la , vous tirez bien . Revenez me voir à l’occasion

- Je n’y manquerais pas »

Répondit l’étudiant en décrochant la peluche. Il se tourna enfin vers Gabriel, une lueur d’incompréhension dans les yeux. Décidant d’oublier tout cela, il tendit la peluche vers elle et déposa un baiser sur sa joue

« C’est ton bébé »

Rigola-t-il avant de s’éloigner du stand avec elle. Il n’osait pas trop demandé ce qu’il s’était passé pendant qu’il s’était concentré. Un certain malaise s’était installé dans ses gestes. Si lui avait trouvé la jalousie de sa daemon mignone , il ne savait pas comment elle réagirait si elle apprenait que lui aussi l’était. Il ne savait plus comment réagir. L’enfant ignorant avait pris la place du musicien confiant…
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MessageSujet: Re: Amusons- nous ! ** [Terminé]   Ven 12 Déc - 18:00

S'étant détachée de son musicien, Gabriel observa la scène. Le gérant du stand tendait à Elio l'arme qui allait lui permettre de tirer. Ce dernier la saisissait. La blondinette était confiante. Elle savait qu'Elio allait réussir, quelque part, au fond d'elle. En fait, elle savait plein de choses à propos d'Elio, au fond d'elle encore une fois ... Etait-ce le lien maître daemon qui lui permettait cela ? Bizarrement, Gaby avait la sensation que ce n'était pas uniquement ça. Que certains sentiments s'ajoutaient et lui permettaient de ressentir des choses que lui ressentait. Mais ce n'était pas assez. Non. Gaby voulait tout savoir d'Elio, dans les moindres détails. Tous ses sentiments, ses petits défauts qui font que Gaby ne l'aimerait qu'encore plus. Aimerait ? Pourquoi d'un coup, ce mot venait ... L'étudiante ne voulait pas parler d'amour. L'amour était souvent gâché, détruisait les plus belles relations. Elle ne voulait pas que sa relation avec Elio soit gâchée ... A chaque fois, ce mot prenait place dans l'esprit de la daemon et elle n'arrivait à le chasser que pour un laps de temps très ... trop court. Gabriel décida alors d'attendre. Attendre qu'elle soit sûre de tout ce qui se passait autour. D'être sûre que tout ça n'était pas un rêve, que ce n'était pas juste une belle journée. Que d'innombrables jours comme celui-ci allaient s'offrir à elle. Oui, attendre ...

Elio tenait dans ses mains l'arme. Il semblait bien concentré. La blondinette observait le moindre de ses gestes. Il fermait un oeil. Il dit à l'adresse de Gaby :


« On va voir si on se porte chance mutuellement. »

Bien qu'il ne puisse pas le remarquer, elle lui sourit. Elle espérait bien qu'elle aussi, lui portait chance. Qu'elle avait dans le coeur d'Elio une place importante et que, à ça, il associe une multitude de petits détails. La blondinette ne pouvait décoller son regard du musicien. Elle aimait la bouille concentrée qu'il arborait, son corps qui restait immobile. Il appuya sur la gâchette puis relâcha.

Gagné.

Un trou s'était dessiné juste à côté de celui que Gabriel avait fait quelques secondes auparavant. L'union de ces deux tirs était-elle symbolique ? Signifiait-elle quelque chose ? Encore une fois, était-ce un signe du destin ? Oui, c'en était un. La blondinette en était persuadée. Peut-être était-ce un peu naïf et typique des adolescentes croyant au prince charmant que d'estimer que des signes du destin descendaient du ciel, comme ça, pour prévenir que de belles choses se passaient, et non au hasard. Mais Gaby le savait. Depuis leur rencontre, non, même avant, des tas de signes s'étaient écrasés devant ses yeux et ce n'était que maintenant qu'elle les remarquait. L'adolescente poussa un soupir, tout en se disant qu'elle n'était sûrement pas assez observatrice ... Enfin, elle l'était dans un certain sens, et surtout pour une certaine personne : Elio. C'était de lui dont son regard ne pouvait être décollé, c'était lui qui la captivait.

L'étudiante fit un pas en avant afin de se diriger vers Elio, mais elle se bloqua quand elle vit le regard malicieux que lançait le gérant du stand à l'étudiant. Il semblait, qu'entre ces deux derniers, quelque chose se soit passé. Comme si tous les deux étaient au courant d'une chose que Gabriel ignorait complètement, ce qui l'intriguait fortement. En si peu de temps, comment avait-il pu se passer quelque chose ? Quoiqu'il suffisait d'un regard pour comprendre certaines choses. Un regard que Gabriel avait dû manquer. Une forte curiosité prit possession de la jeune daemon et elle aurait aimé demander à Elio dès maintenant ce qu'il s'était passé si le vieil homme n'avait pas dit :


« Si on m’avait dit que ça se passerait comme ça. »

Tout en disant cela, il avait désigné un jeune homme qui se trouvait à quelque pas d'eux. Un charmant adolescent, certes, mais pourquoi l'avoir montré à Elio ? Gabriel aurait pu dire que cela lui importait peu car, de toute manière, elle avait son musicien et qu'aucun garçon ne l'intéressait, mais la curiosité était bien trop grande pour cela. Elle s'était tournée vers Elio, l'air dubitatif dans l'espoir de recevoir tout de suite une réponse mais l'adolescent était d'ores et déjà en train de décrocher la peluche qu'il avait montrée à Gaby précédemment et que le tenancier avait désignée tout en disant qu'il pouvait la prendre.

Puis, sans qu'elle eut le temps de faire quoique ce soit, l'adolescente sentit les lèvres de son musicien se déposer sur sa joue. Et un bisous de plus, un ! En quelques heures, ils s'étaient câlinés bien plus que Gabriel ne l'avait fait avec quiconque d'autre qu'elle connaissait depuis des années, hors de sa famille. Mais, même si elle recevait plein de gâteries telles que cette dernière, ça ne suffisait pas à la blondinette. Elle voulait recevoir encore plus de câlins, de bisous, de gentilles paroles ... Gabriel savait bien qu'elle était égoïste de souhaiter tout cela pour elle-même mais elle n'arrivait pas à faire autrement. Les sentiments tels que l'égoïsme, ça ne se contrôle pas. Ou presque. Et, dans ce cas, l'étudiante n'avait pas réellement envie de les contrôler, bien que cela la gêne un peu, voire beaucoup, de vouloir tant de choses si égoïstement.

Elio tendait la peluche à Gabriel. De la sorte, elle pouvait l'observer plus attentivement; de grands yeux noirs et globuleux se dessinaient sur une grosse tête débordant de longs poils blancs soyeux et brillants. Cette grosse bouille était soutenue par un corps bien plus petit muni de petites papattes disposant des mêmes poils. Gabriel était complètement attendrie. Elle prit la peluche dans ses mains tout en écoutant Elio qui lui disait :


« C'est ton bébé »

Non, ce n'était pas uniquement le sien. C'était le leur. Un premier symbole matérialisé qui s'offrait aux deux adolescents. Au 'couple', comme l'homme avait dit. Après tout, ça avait été fait 50/50, Gabriel avait marqué, Elio avait marqué. Alors ça leur appartenait à tous les deux. Gabriel maintint la peluche contre elle et répondit à l'adolescent :

« Mais non. C'est pas le mien. C'est le nôtre. On l'a gagnée tous les deux. J'ai une idée ! On va faire comme à la petite école; une semaine tu la gardes, une semaine je la garde, et ainsi de suite. C'est jouable, non ? Allez, en attendant on va à la grande roue ! »

D'un geste confiant, elle s'accrocha délicatement au bras d'Elio, toujours en tenant la peluche contre elle. Ils avançaient en direction de la grande roue qui se trouvait désormais à quelques mètres. Elle était illuminée de nuances bleutées et tournait au rythme de la musique qui semblait s'en dégager. Dans les cabines, la blondinette put apercevoir d'abord une famille : deux jumeaux, dont une fille, étaient assis à côté, en compagnie de leurs parents. Quoique, Gabriel eut un léger doute au niveau de la véracité de sa dernière affirmation, car les enfants semblaient bien froids à l'égard de l'homme situé en face d'eux. La mère, quant à elle, semblait gênée de cette situation et essayait tant bien que mal de renouer entre les deux jeunes et l'homme. Tournant le regard, l'adolescente put ensuite voir une autre cabine. Dedans, un couple se faisait des papouilles et observait l'horizon qui s'offrait à eux. Gabriel était impatiente de le découvrir à son tour. La vue du parc d'attraction, même plus, la vue de toute la ville, de haut devait être fantastique. Et, qui sait, peut-être qu'elle aussi elle bénéficierait de pap... *Non, Gaby, ne te mets pas à penser des choses comme ça* . Un peu honteuse d'avoir songé à une telle chose, l'adolescente rougit légèrement et accéléra le pas, comme si Elio s'était douté de quelque chose.

Enfin, les deux adolescents arrivèrent aux pieds de la grande roue. Par chance, il n'y avait que très peu de queue. La plupart des personnes présentes étaient soit des familles, soit des couples. Il ne semblait y avoir que très peu de groupes d'amis. Bah, sûrement quelque chose d'ennuyeux pour une bande de joyeux lurons. La file avança et, finalement, Gabriel et Elio arrivèrent rapidement devant la cabine ouverte devant eux. Un homme chargé de veiller à la bienséance de l'attraction les fit entrer dans la cabine et cette dernière se referma automatiquement, laissant place à la cabine suivante dans laquelle allait entrer une nombreuse famille.

Gabriel s'était assise là où elle avait atterrit en premier : dans un coin de la cabine, aux côtés d'Elio. Après une ou deux minutes, la grande roue se mit en route. Bizarrement, l'adolescente se sentait un peu gênée par cette ambiance. Il est vrai que lorsque l'on se retrouve à deux, de la sorte, dans une grande roue, l'ambiance devenait un peu 'romantique', et c'était justement ce qui rendait la blondinette mal à l'aise. Elle ne savait pas vraiment quoi dire à Elio ni quoi faire.

*Oh, puis mince, je suis là pour m'amuser, pour passer d'agréables moments!*

En pensant cela, la jeune fille se resserra contre Elio, au fur et à mesure où la grande roue avançait. La blondinette déposait délicatement sa tête sur l'épaule du jeune homme. C'était confortable. Agréable. Reposant. Comme ça, elle pouvait à la fois être tout près de son Elio et observer la magnifique vue qui s'offrait à elle. D'abord, il y avait tout le parc. Des centaines de personnes désormais de la taille de playmobiles s'étalaient sous les yeux de l'adolescente. Diverses lumières émanaient des attractions : auto tamponneuses, grand huit, maison de l'horreur etc. Ensuite, l'on pouvait voir la ville, de laquelle encore plus de lumières s'échappaient. Néanmoins, l'étudiante ne put repérer leur pensionnat.

Lentement, elle prit dans sa main celle d'Elio, refermant ses doigts sur la paume de la menotte de l'étudiant.
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MessageSujet: Re: Amusons- nous ! ** [Terminé]   Ven 12 Déc - 19:10

Elio mit un certain temps avant de redevenir « normal » envers Gabriel. Pas que ce petit épisode l’eut troublé tant que cela, mais son attitude lui paraissait insupportable. Même si lui aimait la possessivité , la préférait à de la jalousie maladive, il n’était pas sur de rentrer parfaitement dans ce moule. En faisait-il trop ? Après tout, Gaby’ n’était pas seulement à lui. Egoïstement, il aurait voulu pouvoir la rapetisser à volonté, pour la cacher aux yeux des autres. Simplement penser que quelqu’un d’autres pouvait être aussi proche d’elle que lui le mettait dans un état… étrange . Pas vraiment colérique, pas vraiment étonné. A vrai dire, il était normal pour lui que d’autres s’intéresse à Gabriel. S’intéresser ? Que voulait-il dire par là ? La daemon était jolie, intelligent, elle avait tellement de qualité. C’était uniquement pour cela ? Non. La vérité tentait de se frayer un chemin en lui. Il la repoussa. Il était évident qu’il était jaloux car Gaby’ était sa daemon… non ? Non. Définitivement, cette conclusion avait un goût âpre de mensonge. Il secoua vivement la tête. Il n’y penserait plus ce soir . Le musicien préférait encore se leurrer que de voir la vérité ce soir. C’était… trop tôt, trop soudain.

« Mais non. C'est pas le mien. C'est le nôtre. On l'a gagnée tous les deux. J'ai une idée ! On va faire comme à la petite école; une semaine tu la gardes, une semaine je la garde, et ainsi de suite. C'est jouable, non ? Allez, en attendant on va à la grande roue ! »

Oui, l’idée lui plaisait bien. Car cela impliquait qu’ils devaient se voir au moins une fois par semaine. Seulement il se garderait bien d’avouer cela à l’adolescente. Un sourire amusé étira ses lèvres alors qu’il déposait une main sur la tête de la peluche et disait

« D’accord . Même si le plus simple serait d’emménager en famille, j’accepte ce marché. On aura pas besoin d’avocat comme ça. Mais tu vas affreusement manqué à Papa pendant ces semaines avec Maman , mon petit Cha-cha »

Avec un air dramatique, il essuya une fausse larme sur sa joue et se mit en route avec Gaby’. Celle-ci s’était délicatement accroché au bras du musicien qui continuait parfois de renifler. Alors qu’ils s’avançaient dans la foire, il grommela

« Tu sais Cha-cha c’est pas ma faute si ta Maman ne veut plus vivre avec moi. Et ce n’est pas ma faute si elle ne supporte pas le fait que je joue plus à la game boy que je ne parle avec elle. Je lui ai pourtant promis d’arrêter mais elle n’a pas accepté. »

Il grimaça tel un clown puis se mit à ricaner. L’adolescent ébouriffa ses cheveux puis posa le regard sur la grande roue , devant lui. Elle était tout simplement énorme. Sa structure tendait vers le ciel, comme si elle voulait le rattraper . Les cabines pendaient et tournaient autour, comme dans un cycle inébranlable. Les couleurs se mélangeaient, se battaient en duel jusqu’à n’en former plus qu’une, au point le plus haut de l’attraction. Une seule prédominée, aidée par des lumières placées ça et là autour de la grande roue. Le bleu. Un bleu indéfinissable tellement le regarder faisait mal aux yeux. Tellement les ampoules brillaient fort. On aurait presque dit que chacune souhaitait illuminé un peu plus que l’autre les environs, pour que tous le monde en profite plus. Elio siffla d’admiration. Il était vrai que , d’en haut, la vue devait être magnifique. Il ne se rappelait plus s’il en avait déjà fait avec sa mère. Cela avait du être banal pour lui. Mais, aujourd’hui, avec Gabriel et Cha-Cha , c’était comme si , lui, emmenait une famille heureuse goûter aux derniers plaisirs de la fête. Etrangement, l’idée de former une famille avec la daemon ne le reboutait pas contrairement à ce qu’il pensait av… Stop ! Il avait bien dit qu’il ne penserait plus à ça de la soirée et qu’il profiterait. Autant mettre ses paroles en actions.

Avec un sourire entendu, ils s’étaient placé dans la file. L’attente ne fut pas très longue et ‘Lio ne put pas admirer tout son soûl le dessous de la chose. Cependant, cela ne le dérangea pas tant que cela. Il avait remarqué rapidement que beaucoup des personnes qui montaient dans les cabines étaient soit une famille soit un couple. Il haussa mentalement les épaules. Tant mieux pour eux et tant pis pour les groupes d’amis qui manquaient cela, ou réservait l’attraction à un moment romantique à ne passer qu’à deux.

Bientôt, ils se retrouvèrent dans une cabine, guidé par l’animateur de l’attraction. Elio était rentré le premier et s’était assis le plus au fond possible, près de la fenêtre. Sachant que Gaby’ ne tarderait pas elle non plus, il avait préféré regarder dehors, ce qu’il se passait. D’ici, il pouvait voir une espèce de forêt et un chemin . C’était par là qu’ils étaient arrivé. Sûrement par là aussi qu’ils repartiraient. Le musicien sentit soudain la présence de la daemon à ses côtés et tourna légèrement la têt vers elle. L’ambiance était un peu tendue, sûrement à cause du silence qui n’était pas coutume entre eux. A vrai dire, ‘Lio ne savait pas quoi dire, pour une fois. Il observait tranquillement l’adolescente et la peluche, savourant ce qu’il savait être les derniers moments ensemble de cette journée.

Après quelques minutes d’attentes, la grande roue s’ébranla et la structure porta leur cabine vers le haut. Durant tout le processus, il avait senti Gaby’ se resserrer contre lui , poser sa tête sur son épaule. Inconsciemment, il posa à son tour sa tête sur celle de la jeune fille et posa ses yeux sur la fenêtre. Bientôt, ils pourraient sûrement voir le pensionnat. Elio grimaça. Il ferait tout son possible pour ne pas le voir. Parce que , les cours le laissait déjà. Ils étaient à peine rentré , qu’étudier lui cassait la tête. Le flemmard se contentait d’un 11 de moyenne et dès qu’il l’atteignait, séchait la plupart des cours. Il entendait d’ici la voix de sa mère qui en riant essayait de le convaincre que ce n’était pas bien. Cependant, il savait qu’elle s’en fichait. Du moment qu’il était heureux.

Il ne s’était pas trompé en bas. La vue était magnifique. Le parc resplendissait et on aurait presque pu croire que les lumières dansaient. La population s’était transformé en un tas de fourmis et les attractions semblaient faites pour les puces. Au fur et à mesure, Elio reconnut la maison de l’horreur, le stand de tir et quelques autres attractions qu’ils avaient pu voir sur le chemin. Il se remémorait les événements de la journée , avec un sourire qui résumait parfaitement ce qu’il en avait pensé. Fabuleux. Magique. Il souhaitait en revivre d’autres, des journées comme celle-là. Mais plus que tout, il souhaitait revoir Gabriel le plus de fois possible. Le plus de fois…

La main de la jeune fille se refermait doucement sur la sienne. Instinctivement, le pouce de l’adolescent décrivit des cercles sur la peau de Gaby’ . Il tourna légèrement la tête et dans un rire , chuchota


« Cha-cha arrête d’embêter Maman »

De sa main libre, il attrapa la peluche, la mit sur ses genoux et décrivit les bâtiments dehors, comme s’il le faisait pour un enfant. Lorsqu’il eut fini, il reposa le chat contre Gaby’ et soupira

« C’est dur d’être Papa , il me faut du réconfort »

Il se cala plus confortablement contre « Maman » et ferma les yeux. Quelques fois, il ne pouvait s’empêcher de rire , pour une raison presque inconnue. Presque. Puis, subitement, il se sentit , plus que bien. Finalement, ils avaient fait beaucoup de chose aujourd’hui, ils avaient ressenti une multitudes de sentiments et avaient eu beaucoup d’émotions. C’était fatiguant , à force et le jeune homme se sentait attiré par le sommeil. Ou par les bras de Morphée. Mais , malheureusement pour elle, la déesse n’avait pas le charme de celle sur laquelle il se reposait. Il ne s’endormit pas. Mais n’arrivait plus à parler, ni à bouger. Seule une pensée…

* Noooon j’suis pas un flemmard… *
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Amusons- nous ! ** [Terminé]

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